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Epandages : lettre ouverte à M. Rousset, Préfet du Loir et Cher

Monsieur le Préfet,

Dans le Loir et Cher, se déroule actuellement une consultation du public sur un projet de charte des bonnes pratiques agricoles des épandages à proximité des habitations.

Cette consultation, en période de confinement, a fait l’objet d’une information très limitée de la population (1 parution dans la presse locale, pas d’information des associations représentant les citoyens.nes) et doit se terminer très prochainement (le 27 avril). Des personnes vous ont envoyé un courrier de protestation sur cette façon de faire. Si votre réponse indique que la chambre d’agriculture 41, chargée de ce dossier, prolongerait le délai de concertation après le confinement, aujourd’hui, rien ne figure sur le site internet de la consultation. De même, votre courrier fait mention d’une corrélation entre le droit d’épandre des produits chimiques et « la fonction productive » de l’agriculture. Cette affirmation, pour le moins hasardeuse, tend à considérer que les agricultures respectueuses de la santé des hommes et des sols comme l’Agriculture Biologique n’auraient pas de « fonction productive ». Lorsqu’en plus vous convoquer le contexte du Coronavirus pour étayer ce propos, vous semblez totalement oublier que c’est la petite agriculture de proximité (en générale Bio) qui assume dans ce contexte le lien avec la population et qui a développé très sensiblement sa distribution.


Le projet de charte présenté se limite à reprendre strictement la Loi. Les riverains des zones traitées vont donc pouvoir être rassurés, les agriculteurs appliqueront strictement la réglementation. Ils pourront même, s’ils possèdent un pulvérisateur performant (66 % d’efficacité), s’approcher par dérogation à 3 mètres des propriétés, au lieu des 5 mètres prévus initialement pour les cultures basses.

Étranges, cette catégorie professionnelle qui aujourd’hui souhaite s’engager sur une charte pour dire qu’elle va respecter la réglementation... Et cette façon de traiter ce grave problème de santé publique à l’échelon départemental….Les citoyens.nes ne seront toujours pas égaux devant la loi….

Mais comment peut-on se satisfaire de zones non traitées si faibles quand les études montrent qu’il faut s’éloigner au moins de 50 mètres des zones d’épandage pour ne plus retrouver de pesticides dans les cheveux des personnes et dans leur maison; et que des incidences existes jusqu’à 1.5 km d’une zone de traitement ?

Conscients de la dangerosité de ces produits pour les consommateurs mais aussi pour eux-même, de plus en plus d’agriculteurs se convertissent à l’agriculture biologique. Des expérimentations de remplacement des produits par des outils de mutualisations assurantielles se développent également. L’État et la chambre d’agriculture restent bloqués dans le vieux monde et tentent se préserver les intérêts des grands groupes de la chimie sur le dos de la santé publique. Dans notre département, le glyphosate (perturbateur endocrinien, dont la molécule de dégradation l’AMPA est présente dans 100 % des eaux de surface et souterraines. De même, les nombreux « pisseurs de glyphosate » (citoyens qui ont financer des analyses sur l’imprégnation de cette molécule) ont prouvé que nous sommes tous concernés.

Limiter la dispersion de ces produits à quelques mètres des habitations et des écoles nous semble être un non sens technique, scientifique et sanitaire. Sur ce dossier, l’État et ses représentants jouent un rôle qui rappelle dangereusement l’épisode du sang contaminé : des règles manifestement inadaptées et laxistes dont les conséquences en terme de santé publique peuvent être très lourdes.


C’est pourquoi EELV demande :

- Qu’un débat contradictoire soit mis en œuvre dans notre département
- Dans l’attente de résultats scientifiques consensuels, qu’un moratoire sur l’utilisation de ces produits soit mis en place et qu’un système de mutualisation assurantielle permette aux agriculteurs de travailler sereinement.
- De ne pas aggraver la situation sanitaire en limitant davantage les périmètres de protection, aussi infimes soient-ils.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous transmettons, M. le Préfet, nos sincères salutations.

EELV 41

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