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Quelle pertinence pour une nouvelle ligne d'incinération de Valcante ?

Dernière mise à jour : 23 janv.

Avis au sujet du projet de nouvelle ligne d’incinération de Valcante

Du 23 novembre au 19 décembre, a lieu la consultation préalable pour la construction d’une nouvelle ligne d’incinération sur le site de Valcante à Blois. Ce projet pose plusieurs questions.

En premier lieu au niveau environnemental.Une nouvelle ligne d’incinération, c’est une augmentation des rejets gazeux et des potentielles pollutions locales de l’air pour les populations environnantes. C’est aussi une production supplémentaire de déchets d'incinération, (mâchefers, REFIOM), polluants eux aussi, car souvent chargés de métaux lourds. Aucune évocation des quantités de ces rejets et déchets d’incinération supplémentaires ne sont évoqués dans le dossier, sinon une évocation du respect du cadre réglementaire pour l’air. On minimise même la circulation supplémentaire de camions (30 par jour) en évoquant un nombre déjà très important de véhicules sur l’axe. Donc message envoyé aux riverains de Villejoint et de Villebarou : un peu plus, ça ne changera pas grand-chose pour vous. Pourquoi, plutôt qu’une réunion dans un tout autre quartier de la ville, une information spécifique et précise n’a-t-elle pas été distribuée aux riverains, habitants et usagers des entreprises, commerces et du CFA situés à proximité directe de l'usine ?

En second lieu, au niveau climatique. Une unité d’incinération supplémentaire, c’est aussi une augmentation des émissions de CO2 dans l’atmosphère. Le projet est pourtant présenté comme s’inscrivant dans une démarche de lutte contre le réchauffement climatique en invoquant la loi de 2019 sur l’urgence climatique et présentant, à tort, les déchets valorisés comme une énergie renouvelable. Si une partie de ce qui compose les déchets d’incinération est renouvelable (le bois, le textile naturel), ce n’est pas le cas des matières plastiques qui en composent une grande partie. Sous entendre ainsi que cette nouvelle installation comme presque un four à bois est largement exagéré. D’autant plus que ces matériaux recyclables, bois et textiles disposent déjà d’autre filières de valorisation sur le territoire (borne textiles, benne mobilier par exemple)

Enfin, au niveau économique.La construction de cette unité prévoit un investissement énorme, aujourd’hui estimé entre 45 et 70 millions d’euros, un engagement qui va grever pour des dizaines d’années les finances publiques locales, forcément au détriment d'autres solutions plus écologiques. Alors que la quantité de déchets tend partout à diminuer, que l’obligation de traitement des déchets fermentescibles va se généraliser, on créer un four supplémentaire sans remettre en question l'usage des fours existants. Le schéma présenté dans le document de concertation est à ce titre éclairant : on augmente avec ce nouveau four la capacité disponible dans les deux autres, alors que la production de déchets locaux (périmètre VALECO, c’est à dire communauté de communes de Blois, Amboise et Vendôme) se réduit et ne sature pas les fours existant, elle ne l’a d’ailleurs jamais fait. On crée donc à nouveau, comme lors de la construction de l’incinérateur, une surcapacité qui implique une dépendance pour alimenter les fours à l’importation de déchets de plus en plus lointains. Les blésois ont-ils vocation à recueillir sur leur territoire des déchets en provenance de toute la région, voire au-delà ? Les contribuables des communes membres de VALECO doivent-ils payer pour traiter ces déchets ? Ce n’est pas l’objet du syndicat, qui devrait en priorité travailler à la réduction des déchets produits sur le territoire. Nous pensons que cet investissement supplémentaire se fait au détriment de solutions alternatives bien plus pertinentes, comme par exemple le soutien aux collectivités pour la mise en place de solution pour le traitement des biodéchets (exemple des bornes à compost de Lyon), la valorisation des déchets de bois ou la mise en place de déchèteries disposant de véritable filières de valorisation pour les professionnels, notamment les artisans locaux.

Enfin , il faut considérer que l’étude qui va déterminer s’il est vraiment nécessaire et souhaitable de construire ce troisième incinérateur est réalisée par la même entreprise qui construirait ce troisième four …Il est hautement improbable que ce soit le meilleur moyen d’avoir une étude impartiale qui défende en premier lieu les intérêtsde notre Collectivité et de ses habitants.

Le choix de l’incinération fait il y a maintenant plus de vingt ans a des conséquences écologiques et financières importantes sur le territoire. Nous doutons de l’opportunité d’une unité complémentaire pour VALECO, et si l’enjeu est d’alimenter le réseau de chaleur, il doit dans ce cas se faire au minimum en limitant strictement les quantités incinérées à Blois, c’est à dire en prévoyant la fermeture de l’un des deux autres fours actuellement en activité ou, bien sur, en rénovant les deux fours existants.

EELV Loir et Cher




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information relative au sujet :

Le 17 janvier lors du débat sur la question de la réalisation d'un 3e four incinérateur pour valoriser énergétiquement les déchets qui sont aujourd'hui enfouis car nos fours ne savent pas les traiter. Le groupe écologiste, par la voix de Yann Laffont , formule des demandes concrètes pour améliorer ce dossier :

- Financer une contre-expertise de l'étude de faisabilité de Suez par un organisme indépendant pour objectiver ses conclusions.

- Réaliser une étude prospective sur les potentiels de réduction des déchets pour dimensionner le besoin en tonnage de la nouvelle UVE en fonction et ne pas le surdimensionner. (Si on fait le tri des biodechets qu'est-ce que ça réduit comme volume déchets? si on passe au porte à porte qu’est ce que ca réduit comme volume déchets ? si on travail à la réduction des dechets industriels et BTP qu'est ce que ca réduit comme volume déchets? si on fait de la tarification incitative qu'est ce que ça réduit comme volume déchets ?, etc.)

- Etudier la faisabilité de la fermeture d'un des 2 fours en compensation.

- Effectuer les choix d'investissements et de contractualisations dans une perspective de laisser l'opportunité à Agglopolys de reprendre la gestion de ses déchets en régie à court ou moyen terme.

- Effectuer les choix d'investissements dans une logique d'économie et pour minimiser le remboursement de l'investissement à l'opérateur.

- Refuser de nouvelles importations de déchets hors du périmètre local de la SEM Valéco.

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